Un lieu vivant ou spectacles et plaisirs gourmands se rencontrent
Un peu d'histoire
Depuis 1916, lâEspace St-Denis bat au rythme du Quartier latin. TĂ©moin privilĂ©giĂ© de lâĂ©volution artistique de MontrĂ©al, notre complexe a vu dĂ©filer les plus grandes icĂŽnes et les productions les plus audacieuses, restant fidĂšle Ă sa mission : offrir la culture au plus grand nombre.
Le Théùtre St-Denis - 110 ans dâhistoire
Pour cĂ©lĂ©brer cet anniversaire charniĂšre, nous vous invitons Ă plonger dans les coulisses de notre mĂ©moire collective grĂące Ă un parcours historique unique installĂ© au cĆur mĂȘme du lobby du Théùtre Saint-Denis. RĂ©alisĂ©e en collaboration avec la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de lâUQAM, cette exposition permanente propose une traversĂ©e chronologique de douze moments clĂ©s qui ont dĂ©fini notre identitĂ©, des balbutiements de 1916 jusqu'aux prouesses technologiques d'aujourd'hui.
Ce parcours est un vibrant hommage aux artistes de renom ainsi quâaux productions marquantes qui ont fait vibrer nos planches et Ă©mu des gĂ©nĂ©rations entiĂšres de spectateurs et de spectatrices. Conçue pour une visite autonome et accessible, cette expĂ©rience vous permet dâexplorer notre patrimoine Ă votre propre rythme lors de votre prochain passage chez nous.Â
1910
Câest le vendredi 4 mars 1916 que le Théùtre St-Denis ouvre ses portesâ! Toute lâĂ©lite montrĂ©alaise se presse pour admirer le luxe et le confort de cette nouvelle salle de spectacles pouvant accueillir jusquâĂ 3â000 personnes et dont le plan inclinĂ© laisse entrevoir la scĂšne de toutes parts. Le public est particuliĂšrement impressionnĂ© par lâarchitecture moderne du bĂątiment et sa dĂ©coration composĂ©e de grotesques aux couleurs crĂšme, azur et or1. Selon le journal Le Nationaliste, les gens furent «âravis vendredi soir, ils ne savaient trop quâadmirer ou du luxe des dĂ©cors et de lâornementation, ou du programme musical auquel ils ne surent guĂšre refuser des applaudissements chaleureux2â». Lâinauguration est un tel succĂšs quâen trois jours, plus de 30â000 spectatrices et spectateurs sây pressent pour assister aux reprĂ©sentations des films muets Satan Sanderson, dĂ©peignant les relations tendues entre un pĂšre aigri et son fils rebelle, et Kennedy Square, brossant le portrait de lâaristocratie amĂ©ricaine du Sud3. Le public est aussi agrĂ©ablement surpris par la place que lâadministration du Théùtre fait au français dans son Ă©tablissement. Elle a en effet pour objectif de faire du lieu une institution essentiellement francophone en engageant des huissiers et des placiers canadiens-français, en plus de mettre Ă la disposition des clientĂšles des indications et des lĂ©gendes de films en français. Bien que certaines erreurs de traduction se glissent dans les descriptions, la place quâoccupe la langue française dans lâĂ©tablissement rĂ©jouit le public et montre que le Théùtre St-Denis «âcomprend les exigences lĂ©gitimes de sa clientĂšleâ» dans une ville aux deux tiers francophone4.

1915-1916
Câest Ernest Isbell Barott, talentueux et prolifique architecte, qui signe les plans du Théùtre St-Denis. Au cĆur du Quartier latin investi par lâintelligentsia francophone de MontrĂ©al, ce nouveau temple du divertissement est dâabord un geste dâintĂ©gration urbaine. Pour Ă©pouser le rythme des bĂątiments «âen terrasseâ» tout autour, lâarchitecte a implantĂ© le massif volume de la salle bien en retrait de la rue, en le faisant prĂ©cĂ©der dâun Ă©lĂ©gant portique destinĂ© Ă accueillir, de part et dâautre du foyer du Théùtre, des boutiques inscrites dans la continuitĂ© des immeubles voisins. LogĂ©e, tout comme les gracieux dĂ©cors intĂ©rieurs, Ă lâenseigne de lâarchitecture Beaux-arts (ainsi nommĂ©e du fait de lâinfluence de lâĂcole des Beaux-arts de Paris), la conception soignĂ©e de lâensemble en brique recourt Ă un vocabulaire classique Ă©laborĂ© : les pilastres ioniques monumentaux du corps central font Ă©cho Ă lâordre dorique qui rythme les arcades des corps latĂ©raux, surmontĂ©s de luminaires en acrotĂšre.

1920
Dans les annĂ©es 1920, le Théùtre St-Denis accueille une foule de MontrĂ©alaises et MontrĂ©alais en quĂȘte de divertissement et, pour satisfaire le public, reçoit de grands noms du monde du théùtre et de la musique, dont Arturo Toscanini, chef dâorchestre de la cĂ©lĂšbre Scala di Milano. PrĂ©sent en AmĂ©rique du Nord pour une sĂ©rie de concerts, le chef sâarrĂȘte Ă MontrĂ©al les 22 et 24 mars 1921, pour le plus grand plaisir de la population montrĂ©alaise, avant de regagner lâEurope . Lâenthousiasme est renforcĂ© par la rĂ©duction du prix dâentrĂ©e, passant de 3 $ Ă 1 $, ce qui permet aux mĂ©lomanes dâassister aux reprĂ©sentations . Câest donc sous les yeux dâune assistance immense que le chef dâorchestre et ses musiciens jouent des piĂšces de musique italienne moderne et de musique allemande tirĂ©e des Ćuvres de Wagner . Le journal La Patrie souligne que le succĂšs est manifeste, car «âcâest par des applaudissements, des acclamations Ă haute voix et mĂȘme des trĂ©pignements dâenthousiasme que presque [toutes les piĂšces] au programme [sont] accueilli[e]s â». Le plaisir est mĂȘme prolongĂ© Ă lâimproviste un troisiĂšme soir, puisque le dĂ©part du paquebot devant ramener les musiciens en Europe est reportĂ© de six jours, ce qui permet Ă un plus grand nombre de personnes de dĂ©couvrir les notes jouĂ©es par le cĂ©lĂšbre orchestre milanais.

1930
«âLe 31 mai [1930] marquera une date dans les annales cinĂ©matographiques de la mĂ©tropole[i]â», alors que le Théùtre St-Denis prĂ©sente pour la premiĂšre fois Ă MontrĂ©al un film parlant en françaisâ! Câest le film Les Trois Masques, adaptation cinĂ©matographique de la cĂ©lĂšbre piĂšce de Charles MĂ©rĂ©, qui inaugure le tout nouveau systĂšme de reproduction sonore installĂ© par le directeur de lâĂ©tablissement, M. Joseph Cardinal. Ce dernier a mis en place une sĂ©rie de haut-parleurs gĂ©ants conçus exprĂšs pour transmettre parfaitement les dialogues et le son[ii]. LâĂ©vĂšnement, qui est une rĂ©ussite complĂšte, fait sensation : le public afflue pour en faire lâexpĂ©rience malgrĂ© les grandes chaleurs[iii]â! Le succĂšs est tel que le Théùtre prolonge les projections une deuxiĂšme semaine. FĂ©licitĂ© pour avoir fait de MontrĂ©al un foyer du cinĂ©ma parlant français[iv], M. Cardinal a reçu lâappui de la presse montrĂ©alaise, laquelle sâest montrĂ©e «âunanime Ă louer les qualitĂ©s de ce film qui est le premier du genre et qui sera bientĂŽt suivi par plusieurs[v]â». Elle insiste sur lâimpact et lâimportance de cette transformation du cinĂ©ma dâexpression française, reconnaissant son utilitĂ© publique et sa nĂ©cessitĂ© depuis lâessor du film parlant amĂ©ricain dans une sociĂ©tĂ© oĂč une grande partie de la population peine Ă comprendre lâanglais[vi].

1940
«â[D]epuis quinze jours, sans arrĂȘt et sans relĂąche, le public a pris dâassaut les guichets du Saint-Denis â», peut-on lire dans le journal La Patrie le 13 septembre 1942. Câest Ă un rythme effrĂ©nĂ© que se louent les fauteuils pour assister aux reprĂ©sentations de Un homme et son pĂ©chĂ©, piĂšce de théùtre prenant lâaffiche au Théùtre St-Denis pendant la premiĂšre semaine du mois de septembre 1942. Une foule de prĂšs de 80â000 personnes traverse les portes de lâĂ©tablissement pour retrouver au théùtre les personnages de SĂ©raphin Poudrier, de Donalda Laloge et dâAlexis Labranche, bien connus du public grĂące au feuilleton radiophonique diffusĂ© sur les ondes de Radio-Canada depuis trois ans . DĂ©jĂ trĂšs populaire en raison de ses personnages simples, francs et directs, La petite histoire des Pays dâen haut sĂ©duit par le rĂ©alisme avec lequel elle dĂ©peint la vie des gens ordinaires . Ce succĂšs, «âle plus formidable jamais connu dans toute lâhistoire du théùtre Ă MontrĂ©al â», est Ă©galement attribuable au jeu des actrices et acteurs prenant leur rĂŽle Ă cĆur et livrant le texte dans une langue simple, directe et populaire pour le plus grand enthousiasme du public .

1950
Dans toute lâhistoire du cinĂ©ma quĂ©bĂ©cois, aucun film nâa suscitĂ© autant de curiositĂ© que La petite Aurore, lâenfant martyre, produit par lâAlliance cinĂ©matographique canadienne, qui prit lâaffiche au Théùtre St-Denis le vendredi 25 avril 1952. AdaptĂ© du roman dâĂmile Asselin, le film retrace les sĂ©vices subis par la petite Aurore Gagnon des mains de sa belle-mĂšre Ă la fin des annĂ©es 1910. Le long-mĂ©trage rĂ©alisĂ© par Jean-Yves Bigras se distingue par la qualitĂ© de ses images et des prestations de ses acteurs principaux, Yvonne Laflamme dans la peau dâAurore, Lucie Mitchell dans celle de la marĂątre et Paul Desmarteaux dans le rĂŽle du pĂšre . La presse souligne Ă©galement les efforts faits pour raconter lâhistoire «âsans dĂ©passer les limites de la dĂ©cence â» tout en sâintĂ©ressant Ă la transformation physiologique dâune nature initialement bonne, mais perdant toute maĂźtrise dâelle-mĂȘme . Lâattention particuliĂšre portĂ©e par le rĂ©alisateur Ă la nature du sujet et Ă la maniĂšre de lâaborder, en renonçant aux facilitĂ©s mĂ©lodramatiques pour prĂ©senter un rĂ©cit simple et humainement vĂ©ridique, a sĂ©duit le vaste auditoire du Théùtre et signĂ© sa rĂ©ussite, devenant le plus grand succĂšs de lâhistoire du cinĂ©ma quĂ©bĂ©cois de lâĂ©poque.

1960
VĂ©ritable lieu de rassemblement polyvalent, le Théùtre St-Denis a vu dĂ©filer des Ă©vĂšnements marquants, Ă lâimage du 9 fĂ©vrier 1960 : Jean Drapeau y avait alors choisi de prĂ©senter une confĂ©rence publique sur lâactualitĂ© politique pour annoncer sa campagne Ă©lectorale. Cette allocution, radiodiffusĂ©e Ă la chaĂźne CKAC et prĂ©sentĂ©e devant une foule de 1â500 personnes, fut lâoccasion pour M. Drapeau de dĂ©noncer la gestion des finances de la Ville par la derniĂšre administration municipale . Selon lui, les intĂ©rĂȘts vitaux des MontrĂ©alaises et MontrĂ©alais sont menacĂ©s par «âlâĂ©trange commerce de lâargent â» pratiquĂ© Ă lâhĂŽtel de ville par le maire Sarto Fournier, prĂȘtant des millions de dollars Ă la Mercantile Bank Ă meilleur marchĂ© que le prix payĂ© pour dâautres emprunts . Câest sous les applaudissements de son auditoire quâil sâest engagĂ©, sâil Ă©tait réélu pour un second mandat, Ă redresser les finances publiques en «âĂ©limin[ant] dĂ©finitivement les banqueroutiers, les profiteurs, les politiciens vĂ©reux, les artisans des transactions cyniques et ceux qui leur accordent une lĂąche complaisance, les hommes qui sâemploient Ă ruiner ensemble le prestige et le crĂ©dit de MontrĂ©alâ».

1970
Le Théùtre St-Denis est dans lâeau chaude⊠La sĂ©rie de spectacles du groupe rock Beau Dommage, qui sây tient du 8 au 14 dĂ©cembre 1977, lui vaut dâavoir Ă©tĂ© placĂ© sur la liste noire de lâAmerican Federation of Musicians. Lâassociation rĂ©primande le Théùtre pour son non-respect de la rĂšgle interdisant Ă ses membres de se produire sur une scĂšne accueillant Ă©galement des artistes qui nây sont pas affiliĂ©s. Le groupe Beau Dommage et dâautres artistes quĂ©bĂ©cois, dont le chanteur FĂ©lix Leclerc, la troupe de théùtre Le Grand Cirque Ordinaire et le conteur Jocelyn BĂ©rubĂ©, refusent fermement dâadhĂ©rer Ă ce syndicat amĂ©ricain[i]. Pour Beau Dommage, il est impensable de relever dâune association Ă©trangĂšre «âqui prĂ©tend pouvoir reprĂ©senter les intĂ©rĂȘts des musiciens du QuĂ©bec alors que toutes les dĂ©cisions proviennent de New-York[ii]â»â! Le Théùtre St-Denis nâa cependant pas pliĂ© face aux demandes de lâAmerican Federation of Musicians et a tout de mĂȘme reçu le groupe, qui y a prĂ©sentĂ© ses troisiĂšme et quatriĂšme disques microsillons[iii] dans un dĂ©cor singuliĂšrement Ă©trange «âsous les nĂ©ons roses et les effluves dâune fontaine de vin[iv]â».

1980
Pour sa troisiĂšme Ă©dition se dĂ©roulant du 2 au 11 juillet 1982, le Festival International de Jazz de MontrĂ©al dĂ©mĂ©nage de la CitĂ© du Havre au «âVillage Saint-Denis[i]â», situĂ© sur la rue Saint-Denis, entre De Maisonneuve et Ontario, devenue piĂ©tonne pour lâoccasion[ii]. Ce sont prĂšs de 50â000 spectatrices et spectateurs que lâorganisation du festival sâattend Ă voir investir le centre-ville et les diffĂ©rents espaces du site[iii]. Les festivitĂ©s se dĂ©roulent principalement au Théùtre St-Denis oĂč ont lieu les spectacles vedettes, Ă la salle Marie-GĂ©rin-Lajoie de lâUQAM, qui accueille les musiciens locaux, et Ă la CinĂ©mathĂšque quĂ©bĂ©coise, qui diffuse des films pour les adeptes de jazz. La fĂȘte se poursuit Ă©galement dans la rue alors que plusieurs spectacles de plus petite envergure se dĂ©roulent dans les bars et restaurants avoisinants[iv]. Lâemplacement, Ă proximitĂ© du mĂ©tro, du terminus dâautocars et des restaurants[v], est choisi pour donner plus de couleur et de vie au Festival[vi]. Lâorganisation souhaite ainsi crĂ©er «âune vĂ©ritable ambiance de festival, quâon pourra respirer tous les soirs, rue Saint-Denis[vii]â», pendant dix jours, aux alentours du Théùtre St-Denis.

1990
«âLe théùtre Saint-Denis vient dâentrer dans une nouvelle Ăšre en faisant peau neuve pour sâouvrir sur lâAn 2000 â», peut-on lire dans le journal La Presse en avril 1990â! TransformĂ© en chantier de construction entre septembre 1989 et avril 1990, ce sont 8,5 millions de dollars qui seront investis dans la rĂ©novation de ses infrastructures par la compagnie France-Film, propriĂ©taire du Théùtre. DirigĂ©s par les architectes Franco Ruccolo et JosĂ©e Faubert, les travaux visent principalement Ă Ă©largir le hall dâentrĂ©e, Ă centraliser les guichets, Ă agrandir les salles, Ă amĂ©nager de nouvelles loges pour les artistes et Ă moderniser les Ă©quipements, tout en conservant le cachet originel des lieux . La plus importante amĂ©lioration rĂ©side dans lâagrandissement des salles de spectacles : la salle Saint-Denis 1 peut dĂ©sormais accueillir 2â353 personnes, et la salle Saint-Denis 2, unifiant les deux anciennes salles de cinĂ©ma, peut maintenant recevoir 946 personnes . Ces agrandissements considĂ©rables permettront au Théùtre de disposer dâune plus grande flexibilitĂ© dans la conception de spectacles dâenvergure en plus de bĂ©nĂ©ficier dâespaces supplĂ©mentaires pour le rangement des dĂ©cors et des Ă©quipements de scĂšne . Le 26 janvier 1990, le public montrĂ©alais est invitĂ© Ă admirer le Théùtre fraĂźchement rĂ©novĂ© lors dâun spectacle du chanteur Jean Lapointe dans la salle Saint-Denis 1, puis Ă dĂ©couvrir la salle Saint-Denis 2 inaugurĂ©e par lâhumoriste AndrĂ©-Philippe Gagnon, le 4 avril de la mĂȘme annĂ©e.

2000
Le Théùtre St-Denis, qui a accueilli Ă plusieurs reprises le Festival Juste pour rire depuis 1985, a vu dĂ©filer sur ses planches les plus grands noms du monde de lâhumour, dont Roberto Benigni. Ă lâinvitation du Festival, le rĂ©alisateur, acteur et scĂ©nariste italien, trois fois oscarisĂ©, y a en effet prĂ©sentĂ© son spectacle Tutto Dante dâabord en italien le 3 juin, puis en français le 4 juin 2009. Il y explore de maniĂšre ludique et passionnĂ©e La Divine ComĂ©die du poĂšte Dante Alighieri . Sa performance, prĂ©cĂ©dĂ©e de quelques plaisanteries sur lâactualitĂ©, dĂ©bute par une pantalonnade amusante qui combine des blagues sur les politiciens romains avec des plaisanteries sur Dieu, les QuĂ©bĂ©cois et la poutine . Benigni «âjoue son rĂŽle dâItalien pur jus et fait rigoler comme tel, mais jongle avec les clichĂ©s nationaux â» pour le plus grand plaisir du public. Il sâattelle ensuite Ă dĂ©cortiquer le texte de Dante. Il met dâabord lâaccent sur le 5e chant, qui porte sur la luxure, en racontant les mĂ©saventures de personnages historiques emportĂ©s par la passion. MalgrĂ© lâextravagance et lâexubĂ©rance du personnage, câest plutĂŽt le moment oĂč il abandonne la farce pour se concentrer sur le texte de Dante qui frappe le plus les spectatrices et spectateurs par sa simplicitĂ© , qui «â[a]vec une gravitĂ©, une Ă©motion poignante [âŠ] confĂšre Ă la soirĂ©e un sens quasi sacrĂ© ».

2010
Plus de 25 ans aprĂšs la parution du roman Ă succĂšs dâArlette Cousture et 20 ans aprĂšs la diffusion de la mythique tĂ©lĂ©sĂ©rie qui lâa suivi, Les filles de Caleb dĂ©barque sur les planches du Théùtre St-Denis sous la forme dâun opĂ©ra-folk. Câest du 12 au 30 avril 2011 que le public a pu retrouver les personnages dâĂmilie Bordeleau et dâOvila Pronovost sous les traits de Luce Dufault et de Daniel Boucher, dans une production Ă la fois théùtrale et musicale regroupant des artistes issus des mondes du théùtre et de la chanson . Mis en musique par Michel Rivard, dâaprĂšs un livret de Micheline LanctĂŽt, le spectacle prĂ©sente les protagonistes dans la quarantaine, portant le regard Ă la fois sur leur passĂ© et leur vie actuelle, condensant 100 ans dâhistoire en une reprĂ©sentation dâune centaine de minutes . En plus de sa sĂ©rie de spectacles au Théùtre St-Denis, la production sera prĂ©sentĂ©e Ă la salle Southam du Centre national des Arts dâOttawa en juillet 2011.

2020
Depuis lâĂ©tĂ© 2020, le Théùtre St-Denis et ses diffĂ©rentes structures ont subi de nombreuses transformations pour devenir lâEspace St-Denis, un complexe de divertissement et de gastronomie sâĂ©tendant du boulevard De Maisonneuve jusquâĂ la rue Ămery. Lâespace rassemble deux salles de spectacles, le Théùtre St-Denis et le Studio St-Denis, des bureaux administratifs, le cinĂ©ma du Quartier Latin ainsi que plusieurs lieux polyvalents pouvant recevoir des Ă©vĂšnements dâaffaires, des activitĂ©s caritatives et des soirĂ©es festives. Lâeffervescence suscitĂ©e par le complexe, offrant de vivre la culture sous toutes ses formes, sâinscrit dans un contexte dâachalandage marquĂ© du secteur, alors que 6,5 millions de personnes ont dĂ©ambulĂ© sur la rue Saint-Denis en 2024, dont une part significative a franchi les portes de lâEspace St-Denis, qui a vendu prĂšs de 300â000 billets en 2025. Cette animation est surtout attribuable Ă la programmation foisonnante du Théùtre St-Denis, vĂ©ritable pierre angulaire de lâEspace St-Denis et moteur de son identitĂ©. Point dâancrage historique du complexe, le Théùtre procure sa logique et sa portĂ©e Ă tout ce qui sây dĂ©veloppe depuis les derniĂšres annĂ©es.Â
En 2026, les cĂ©lĂ©brations entourant son 110e anniversaire offriront une occasion unique de mettre en lumiĂšre ses installations, appelĂ©es Ă faire lâobjet dâune revitalisation majeure au cours des prochaines annĂ©es. Des investissements de plusieurs millions de dollars permettront de moderniser le bĂątiment selon les standards actuels, dâen assurer la pĂ©rennitĂ© tout en prĂ©servant la richesse de son patrimoine architectural. Cette transformation majeure marquera une Ă©tape clĂ© dans le renouveau du Quartier Latin, qui sâamorce avec la revitalisation de cette salle emblĂ©matique. AprĂšs 110 ans dâexistence, le Théùtre St-Denis est toujours un lieu phare, incontournable, qui contribue pleinement au rayonnement de MontrĂ©al comme capitale culturelle francophone du Canada.

CRĂDITS
Conception graphique : Alain Bolduc â B Graphistes
Révision linguistique : Karen Dorion Coupal
Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain â UQAM
Recherche historique et iconographique : Gabrielle Pomerleau
Coordination de recherche : Julie Rose
Direction de recherche : Lucie K. Morisset
BIBLIOGRAPHIE
- «â2e semaine des âTrois Masquesâ au Théùtre Saint-Denisâ», Le Petit Journal, MontrĂ©al, 8 juin 1930, p. 20.
- «âBeau Dommage et la Guilde des musiciensâ», Le Courrier du Sud, Longueuil, 14 dĂ©cembre 1977, p. 8.
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- «âInauguration officielle du nouveau Saint-Denisâ», Le Devoir, MontrĂ©al, 6 avril 1990, p. 18.
- «ââLa Petite Aurore, lâEnfant martyreââ», Le Devoir, MontrĂ©al, 24 avril 1952, p. 6.
- «âLe discours de M. Drapeau sera diffusĂ© par CKACâ», Le Devoir, MontrĂ©al, 8 fĂ©vrier 1960, p. 3.
- «ââLes Trois Masquesâ au théùtre S.-Denisâ», La Presse, MontrĂ©al, 28 mai 1930, p. 10.
- «âM. Jean Drapeau candidat Ă la mairieâ», La Presse, MontrĂ©al, 10 fĂ©vrier 1960, p. 3.
- «âMe Jean Drapeau dĂ©nonce un Ă©trange commerce de lâargent : MontrĂ©al emprunte Ă prix fort pour prĂȘter des millions Ă la banque (!) de M. Asselinâ», Le Devoir, MontrĂ©al, 10 fĂ©vrier 1960, p. 1.
- «âMiles Davis, Maynard Ferguson, Buddy Rich et Cleo Laine au Festival de Jazz de MontrĂ©alâ», La Presse, MontrĂ©al, 2 juin 1982, p. 7.        Â
- «âSaint-Denis â âLa Petite Aurore, lâenfant martyreââ», Le Petit Journal, MontrĂ©al, 27 avril 1952, p. 75.
- «âSeconde semaine des âTrois Masquesâ au Théùtre Saint-Denis.â», La Patrie, MontrĂ©al, 9 juin 1930, p. 8.
- «âTriomphe incontestable dââUn homme et son PĂ©chĂ©ââ», MontrĂ©al-Matin, MontrĂ©al, 5 septembre 1942, p. 6.
- BLAIS, Marie-Christine, «âLes femmes de Calebâ», La Presse, «âArts et spectaclesâ», MontrĂ©al, 2 avril 2011, p. 10-11.
- JOANISSE, Marc AndrĂ©, «âEncore un an avant son passage Ă Ottawa : un opĂ©ra folk pour âLes filles de Calebââ», Le Droit, Ottawa-Gatineau, 2 juin 2010, p. 37.
- LAMON, Georges, «âLe Saint-Denis fin prĂȘt pour les nouveaux dĂ©fisâ», La Presse, MontrĂ©al, 6 avril 1990, p. 9.
- LAVOIE, Denis, «â20 millions $ ont Ă©tĂ© investis au théùtre Saint-Denis et Ă la salle Wilfrid-Pelletierâ», La Presse, MontrĂ©al, 17 fĂ©vrier 1990, p. 4.
- LAVOIE, Denis, «âLa rue Saint-Denis se convertit au jazz pour dix joursâ», La Presse, MontrĂ©al, 3 juillet 1982, p. 1.
- LAVOIE, Denis, «âLe jazz envahit MontrĂ©alâ», La Presse, MontrĂ©al, 3 juillet 1982, p. 9.
- LAVOIE, Denis, «âLe Saint-Denis, une autre Place des ArtsâŠâ», La Presse, MontrĂ©al, 21 novembre 1989, p. 8.
- LESAGE, ValĂ©rie, «ââLes filles de Calebâ : mariage de comĂ©diens et de chanteursâ», La Presse, MontrĂ©al, 8 avril 2010, p. 1
- PETROWSKI, Nathalie, Le Devoir, «âVariĂ©tĂ©sâ», MontrĂ©al, 3 dĂ©cembre 1977, p. 51.
- SARFATI, Sonia, «âLe clown au service du poĂšteâ», Le Soleil, QuĂ©bec, 3 avril 2009, p. 39.
- TREMBLAY, Odile, «âTutto Dante : Entre pantalonnade et gravitĂ©â», Le Devoir, MontrĂ©al, 5 juin 2009, p. 2.
- «âAu Théùtre Saint-Denisâ», Le Nationaliste, MontrĂ©al, 5 mars 1916, p. 7.
- «âAu Théùtre Saint-Denisâ», Le Devoir, MontrĂ©al, 7 mars 1916, p. 5.
- «âDeux Grands Concertsâ», La Patrie, MontrĂ©al, 23 mars 1921, p. 12.
- «âAu St-Denisâ», LâAutoritĂ©, MontrĂ©al, 1er juin 1930, p. 3.
- «âAu St-Denisâ», LâAutoritĂ©, MontrĂ©al, 8 juin 1930, p. 3.
- «âUn homme et son pĂ©chĂ©â», La Patrie, MontrĂ©al, 3 septembre 1942, p. 17.
- «âSĂ©lectionsâ», Le Jour, MontrĂ©al, 9 dĂ©cembre 1977, p. 37.
- «ââUn Homme et son PĂ©chĂ©ââ», La Patrie, MontrĂ©al, 8 septembre 1942, p. 8.
- «âLe dĂ©part de la Scala est encore remisâ», La Presse, 23 mars 1921, p. 19.
- «âLe dernier concert de Toscaniniâ», La Presse, MontrĂ©al, 22 mars 1921, p. 11.
- «â3e concert de Toscanini, ce soirâ», Le Canada, MontrĂ©al, 24 mars 1921, p. 3.
CRĂDITS ET LĂGENDES DES IMAGES
Dans lâordre dâapparition des imagesÂ
- Grande ouverture aujourdâhui
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, Le Devoir, Montréal, 4 mars 1916, p. 3.
- Légende : Encart publicitaire dans Le Devoir du 4 mars 1916. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Trois photos de lâintĂ©rieur du Théùtre
- CrĂ©dit : Archives du Théùtre St-Denis, Vues de lâintĂ©rieur du Théùtre St-Denis, 1916-1929
- LĂ©gende : Vues de lâintĂ©rieur du Théùtre St-Denis entre 1916 et 1929. Photos : Archives du Théùtre St-Denis.
- Plan de façade
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis, Plan de la façade du Théùtre Saint-Denis, Barott, Blackader & Webster, Montréal, 1915.
- LĂ©gende : Plan de la façade du Théùtre St-Denis dessinĂ© par le bureau dâarchitectes Barott, Blackader & Webster Ă MontrĂ©al en 1915. Image : Archives du Théùtre St-Denis.
- Photo de façade
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis, Vue de la façade du théùtre, vers 1930.
- Légende : Vue de la façade du théùtre vers 1930. Photo : Archives du Théùtre St-Denis.
- Scala di Milano
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0002737512, La Scala Orchestra of Milan et Arturo Toscanini. Production : J. A. Gauvin : Théùtre St-Denis, Montréal, 22 mars 1921.
- Légende : Programme du spectacle La Scala Orchestra of Milan et Arturo Toscanini au Théùtre St-Denis le 22 mars 1921. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Les trois masques â grande innovation Ă MontrĂ©al
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0000082812, La Presse, Montréal, 31 mai 1930, p. 65.
- Légende : Encart publicitaire dans La Presse du 31 mai 1930. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Les trois masques â une vue parlante en français
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0000164399, Le Petit Journal, Montréal, 1er juin 1930, p. 18.
- Légende : Encart publicitaire dans Le Petit Journal du 1er juin 1930. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Photo de la troupe
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis, Un homme et son péché, Théùtre St-Denis, 1942.
- Légende : Photo de la troupe de la piÚce Un homme et son péché le soir de la premiÚre en septembre 1942. Photo : Archives du Théùtre St-Denis.
- Photo de la façade
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales, fonds Claude-Henri Grignon, MSS246/037/092, Annonce de la piÚce Un homme et son péché au Théùtre Saint-Denis, septembre 1942.
- Légende : Façade du Théùtre St-Denis annonçant la piÚce Un homme et son péché en septembre 1942. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, fonds Claude-Henri Grignon.
- La petite Aurore
- CrĂ©dit : Archives du Théùtre St-Denis, Affiche du film «âLa petite Aurore, lâenfant martyreâ», France-Film, 1952.
- Légende : Affiche du film La petite Aurore, enfant martyre produit par France-Film en 1952. Image : Archives du Théùtre St-Denis.
- Architecture â Façade 1950
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis.
- Légende : Vue du Théùtre St-Denis dans les années 1950. Photo : Archives du Théùtre St-Denis.
- Architecture â Façade 1970
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis.
- Légende : Vue du Théùtre St-Denis dans les années 1970. Photo : Archives du Théùtre St-Denis.
- Jean Drapeau
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0005226335, Le Devoir, Montréal, 8 février 1960, p. 3.
- Légende : Encart publicitaire annonçant la conférence du maire Jean Drapeau dans Le Devoir du 9 février 1960. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Beau dommage
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0006755357, Le Jour, Montréal, 9 décembre 1977, p. 31.
- Légende : Encart publicitaire pour une série de concerts de Beau Dommage dans Le Jour du 9 décembre 1977. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Festival de Jazz
- Crédit : BibliothÚque et Archives nationales du Québec, 0000082812, La Presse, Montréal, 3 juillet 1982, p. 10.
- Légende : Encart publicitaire pour le Festival International de Jazz de Montréal dans La Presse du 3 juillet 1982. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Travaux de 1990
- Crédit : Archives du Théùtre St-Denis, Inauguration du nouveau Théùtre St-Denis, 6 avril 1990. Normand Jolicoeur.
- LĂ©gende : ConfĂ©rence de presse le 4 avril 1990 pour souligner lâinauguration du Théùtre St-Denis aprĂšs les rĂ©novations. Photo : Normand Jolicoeur / Archives du Théùtre St-Denis.
- Benigni â Marche
- CrĂ©dit : BibliothĂšque et Archives nationales du QuĂ©bec, 0000082812, La Presse, «âArts et spectaclesâ», MontrĂ©al, 30 mai 2009, p. 20, p. 3.
- Légende : Encart publicitaire dans La Presse du 30 mai 2009 pour le spectacle Tutto Dante de Robert Benigni. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Benigni â Tutto Dante
- CrĂ©dit : BibliothĂšque et Archives nationales du QuĂ©bec, 0000082812, La Presse, «âArts et spectaclesâ», MontrĂ©al, 30 mai 2009, p. 20, p. 3.
- Légende : Encart publicitaire dans La Presse du 30 mai 2009 pour le spectacle Tutto Dante de Robert Benigni. Image : BibliothÚque et Archives nationales du Québec.
- Filles de Caleb
- CrĂ©dit : Archives du Théùtre St-Denis, Distribution de lâopĂ©ra-folk «âLes filles de Calebâ», Théùtre St-Denis, 2011.
- LĂ©gende : Photo de la distribution de lâopĂ©ra-folk Les filles de Caleb en 2011. Photo : Archives du Théùtre St-Denis.
- Façade récente
- Crédit : Romain Fontaine pour Espace St-Denis.
- Légende : Photo de la façade en 2023. Photo : Romain Fontaine / Espace St-Denis.
